mercredi 26 septembre 2012

Schizophrénie chronique martienne

J'ai lu le deuxième roman du recueil "Substance rêve" de Philip K. Dick, chez France Loisir : Glissement de temps sur Mars.


Il me faut vous présenter d'abord quelques personnages...
Jack Bohlen est un réparateur, très demandés sur Mars ; Il est venu sur cette planète avec sa femme et son fils car il a subi, sur Terre, une phase de schizophrénie. Il ne supportait plus le monde.
Leo Bohlen, le père de Jack, veut venir sur mars pour acheter des terres qui ne valent pas un clou.
Norbert Steiner est le voisin de Jack. C'est un contrebandier. Il a une femme, 3 filles et un fils autiste qui se trouve dans un centre spécialisé, le Camp B-G. Il est un peu dépressif.
Manfred Steiner est ce garçon autiste. Il ne communique pas avec le monde qui l'entoure.
Milton Glaub est son médecin, un psy. Il voudrait essayer de mettre en pratique une théorie disant que l'autiste ne peut pas communiquer parce qu'il perçoit le temps différemment ; tout va trop vite pour lui.
Arnie Kott est un homme très puissant de Mars, il a le bras très long et est assez riche pour gaspiller de l'eau.
Otto Zitte aide Norbert Steiner à faire passer sa contrebande.
Et Heliogabale est un Martien domestiqué par Arnie Kott, un Bleek.

Voilà pour les présentations. Il y a bien sûr d'autres personnages, notamment féminins, mais qui finalement jouent un rôle moins important.

Arnie Kott s'est mis en tête d'utiliser un schizophrène (les schizophrènes sont censés avoir un don de précognition...) pour connaître l'avenir sur Mars, afin de faire des profits.
Après la mort de Norbert Steiner, et après avoir rencontré Jack, il décide d'utiliser Manfred comme schizophrène précognitif (apparemment l'autisme serait ici une forme de schizophrénie) et veut que Jack fabrique une machine pour communiquer avec lui.
Jack, au contact de Manfred, refait de plus en plus de crises schizophréniques.
Heliogabale, lui, est le seul à vraiment pouvoir communiquer avec le garçon.
Cet enfant fait toutes sortes de cauchemars, et la réalité, qu'il voit en effet à l'avance, est parfois comme déformée. Il applique à la réalité ses propres cauchemars.
Ainsi, on lira une scène du roman plusieurs fois, mais de manière différente selon la vision de Manfred.

Structuré parfois en strates temporelles, ce roman contient comme des trous de ver, et on a envie parfois de relire plus en arrière pour voir ce qui a changé ou non, pour vérifié certaines choses.
Le pari du glissement temporel est dons réussi pour Ph. K. Dick.
Les descriptions schizophréniques, les cauchemars, etc. font penser que Stephen King a sûrement dû lire du Philip K. Dick, car on retrouve pas mal de choses, d'ambiances malsaines, etc.

C'est aussi une réflexion critique sur les névrosés "bien-pensants" et hypocrites, coulés dans le moule et voulant y couler les enfants, d'un côté, et les soi-disant marginaux psychotiques qui voient une réalité autre, plus libre, mais peut-être aussi plus affreuse, de l'autre.


4 commentaires:

  1. Voilà une critique de ce livre qui me plait...

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  2. pas lu .... j'aimerais bien aller voir Mars de près ... avec les livres de Poe et mon chat ...je m'installe là-bas :):)
    oui je sais je fatigue là loll

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    1. Ce doit être un peu aride quand même ;) :p

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