lundi 11 mars 2013

L'Ange du bizarre

"L'Ange du bizarre", c'est le titre, en français, d'une nouvelle de Poe, "The Angel of the Odd", et c'est aussi le nom de l'exposition qui a lieu depuis le 5 mars au Musée d'Orsay (et jusqu'au 9 juin).
En mai dernier déjà, Poe y était à l'honneur. Cette fois-ci, il n'est pas le seul car l'expo est consacrée au romantisme noir : "L'ange du bizarre. Le romantisme noir de Goya à Max Ernst".


"Dans les années 1930, l'écrivain et historien d'art italien Mario Praz (1896-1982) a mis en valeur pour la première fois le versant noir du romantisme, désignant ainsi un vaste pan de la création artistique qui, à partir des années 1760-1770, exploite la part d'ombre, d'excès et d'irrationnel qui se dissimule derrière l'apparent triomphe des lumières de la Raison.
Cet univers se construit à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre dans les romans gothiques, littérature qui séduit le public par son goût du mystère et du macabre. Les arts plastiques emboîtent rapidement le pas : les univers terribles ou grotesques de nombreux peintres, graveurs et sculpteurs de toute l'Europe rivalisent avec ceux des écrivains : Goya et Géricault nous confrontent aux atrocités absurdes des guerres et naufrages de leur temps, Füssli et Delacroix donnent corps aux spectres, sorcières et démons de Milton, Shakespeare et Goethe, tandis que C.D. Friedrich et Carl Blechen projettent le public dans des paysages énigmatiques et funèbres, à l'image de sa destinée.
A partir des années 1880, constatant la vanité et l'ambiguïté de la notion de progrès, maints artistes reprennent l'héritage du romantisme noir en se tournant vers l'occulte, en ranimant les mythes et en exploitant les découvertes sur le rêve, pour confronter l'homme à ses terreurs et à ses contradictions : la sauvagerie et la perversité cachée en tout être humain, le risque de dégénérescence collective, l'étrangeté angoissante du quotidien révélée par les contes fantastiques de Poe ou de Barbey d'Aurévilly. En pleine seconde révolution industrielle ressurgissent ainsi les hordes de sorcières, squelettes ricanants, démons informes, Satans lubriques, magiciennes fatales… qui traduisent un désenchantement provocant et festif envers le présent.
Lorsqu'au lendemain de la Première guerre mondiale, les surréalistes font de l'inconscient, du rêve et de l'ivresse les fondements de la création artistique, ils parachèvent le triomphe de l'imaginaire sur le principe de réalité, et ainsi, l'esprit même du romantisme noir. Au même moment, le cinéma s'empare de Frankenstein, de Faust et des autres chefs-d'oeuvre du romantisme noir qui s'installe définitivement dans l'imaginaire collectif.
Prenant la suite d'une première étape de l'exposition au Städel Museum de Francfort, le musée d'Orsay propose de découvrir les multiples déclinaisons du romantisme noir, de Goya et Füssli jusqu'à Max Ernst et aux films expressionnistes des années 1920, à travers une sélection de 200 oeuvres comprenant peinture, arts graphiques, sculpture et oeuvres cinématographiques.
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Musée d'Orsay

"Le Musée d'Orsay consacre, du 5 mars 9 juin 2013, une exposition au romantisme noir, pendant irrationel et excessif caché derrière le triomphe apparent de la raison des Lumières. Ce courant trouve naissance dans le roman gothiques anglai de la fin du XVIIIème siècle et son goût pour le macabre et le mystère. Les artistes plasticiens emboîtent rapidement le pas et exploitent ces thèmes dans leurs oeuvres. Parmi eux, on peut citer Goya, Géricault ou encore Delacroix.
Puis, à la fin du XIXème siècle, le romantisme noir connaît une deuxième vie, littéraire d'une part avec des écrivains comme Barbey d'Aurévilly ou Bram Stoker, et artistique avec les courants symbolistes et décadents. Rien d'étonnant d'ailleurs à ce que l'exposition reprenne le titre de l'une des nouvelles d'E.A. Poe, l'Ange du Bizarre, parue dans le recueil Histoires grotesques et sérieuses.
Une exposition enrichissante à ne pas manquer tant ses thèmes sont actuels et trouvent résonnance dans des phénomènes contemporains dont les vampires de Twilight, les sorciers d'Harry Potter et les zombies de World War Z ne sont pas les moindres représentants !"

Le Livre de Poche


Adresse :
Le Musée d'Orsay
5 Quai Anatole France
75007 Paris
Tél : 01 40 49 48 14


Sources : Le Livre de Poche, Musée d'Orsay.


 

4 commentaires:

  1. Ouiiii ! J'ai acheté le hors série des Dossiers de l'Art, un sujet qui me ravit !!!! . Pour mon favori outre Les Yeux Clos d'Odilon Redon, deux dessins de son frère cadet Gaston Redon sont cités...

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    1. Je me doutais bien qu'il y aurait du Redon aussi ;) Je comptais aussi acheter le Beaux-Arts magazines, si ça parle de Poe ;)

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  2. Oh il y a mon nom de famille que je vois inscrit sur un des acteurs....

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