samedi 13 août 2011

Témoins malgré eux

Été 1979, une bande de gamins (un féru de cinéma, un qui vient de perdre sa mère dans un terrible accident, un fou d'explosifs, et 2 peureux) tournent un film de zombis en super 8... "Super 8", c'est justement le titre de ce film de J. J. Abrams (créateur de "Lost" entre autres), avec Joel Courtney, Elle Fanning (qui joue dans "Twixt"), Kyle Chandler, Riley Griffiths, Ron Eldard, Noah Emmerich, Glynn Turman, etc.
Cette bande de gamins, accompagnés par une jeune fille, Alice, tourne une nuit près d'une voie de chemin de fer. C'est là qu'ils sont témoins d'un "accident" ferroviaire assez explosif et impressionnant. Ils s'en sortent presque par miracle et découvrent, dans les restes, des espèces de cubes blancs bizarroïdes... Ils se sont aussi aperçu que celui qui a provoqué la collision avec le train n'est autre qu'un de leurs profs, celui de sciences naturelles, M. Woodward.
Très vite, l'armée arrive sur les lieux, puis quadrille la ville les jours suivants... mais aussi les chiens s'enfuient, les micro-ondes, les câbles électriques et les moteurs de voitures disparaissent, ainsi que quelques habitants... comme le shérif. M. Lamb, le shérif adjoint et père de l'un des gamins (Joe, celui qui a perdu sa maman) est surchargé de travail, et ne sait pas trop comment s'occuper de son fils... Il ignore encore qu'il s'est amouraché d'Alice... la fille du collègue de feue son épouse, morte à sa place dans un accident du travail.
Le shérif adjoint trouve étrange que l'armée prenne quasiment la ville en otage et enquête de son côté. Les enfants, eux, découvrent ce qu'à filmé leur caméra pendant l'accident...


Les fans de "Lost" trouveront dans ce film quelques éléments similaires (Jack/Sawyer - Jackson Lamb/Ron Eldard, une porte de trappe qui explose, une "chose" sombre qui fait des bruits bizarres, etc.) les fans de Spielberg retrouveront un peu le goût de 2 de ses films des années 70' et 80' (je ne cite pas, vous verrez ou vous en doutez rien qu'en voyant l'affiche d'ailleurs ;) [à savoir que Spielberg a produit mais aussi participé au scénario de "Super 8"])

C'est un peu un film dans un film (le vrai film en super 8 passant au générique de fin) sur 2 thèmes différents mais un peu de même registre ;) Je ne veux pas en dire trop pour ne pas gâcher la surprise, mais sachez tout de même que le prétexte n'est pas ce qui fait la partie la plus touchante du film. Ce sont les liens d'amitié et ceux d'amour filial qui priment et qui donnent au film sa substance.
Le contexte aussi (la fin des années 70') ajoute, pour ceux qui y ont vécu (ou qui ont été bercé par les films de cette époque) une touche de nostalgie.
Les acteurs jouent très bien, ils jouent même très bien les mauvais acteurs :D
Et même s'il n'y a pas vraiment de twist, il y a ce jeu de cache-cache, d'attente pour voir la "chose", qui insuffle un certain suspens.


11 commentaires:

  1. Pas tout à fait la même... mais au début, on pourrait le croire :p

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  2. comme tu le racontes, cela donne envie, mais je crois que je n'ai pas d'affinités pour les "choses" et les catastrophes bruyantes...

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  3. j'ai failli le voir mais j'ai choisis de regarder la planète des singes les origines ... a voir ...

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  4. Passagère : Bah je ne voulais pas en réléler de trop :) Et puis c'est un hommage au cinéma amateur aussi :)

    Linda : On ira le voir aussi, mais celui-ci est sorti avant ;)

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  5. J'ai profondément aimé ce film. Super 8 est plus qu'un blockbuster divertissant, c'est une oeuvre authentique, et profonde. Une vraie oeuvre de cinéma.

    La première fois que je l'ai vu, j'ai été ravi, heureux, et j'ai beaucoup ri avec le public (cette joyeuse équipe est attachante et brillament interprétée). J'ai trouvé la mise en scène astucieuse, efficace, avec une vraie maitrise esthétique.
    J'ai été touché par la photographie du film, reprenant celle d' E.T., avec un travail de fou de la part du du chef opérateur.
    J'ai tout de suite ressenti la part sombre du film, la façon très subtil de parler e la douleur dans les rapports humains.

    Je me suis dit: on distingue quand même le génie du cinéaste de référence (Spielberg) du talent, aussi grand fut-il, de J.J. Abrams.

    Je suis allé le voir une seconde fois, et j'ai chialé la moitié du film !
    Cette idée du petit garçon qui n'avance plus dans la vie, accablé par la tristesse, et qui se "libère" en aidant quelqu'un "d'autre" à re-partir...

    En mêlant l'intelligence d'un scénario parfaitement équilibré à l'émotion d'une narration où le spectaculaire est toujours au service des personnages, J.J. Abrams a, pour la première fois, réalisé un film totalement personnel. Ce qui est assez bluffant quand le tout passe pour un hommage (ce dont il se défends, pourtant...).

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  6. Violence des sentiments.

    Super 8 doit se voir comme une vision intimiste des tourments de la vie, au coeur d'un grand spectacle. Tourments de l'enfance, des parents et de leurs enfants dont les liens se dénouent et se refont.

    Incompréhensions, tourments amoureux, abordés avec crudité et violence (je pense que J.J. Abrams a du ressembler au réalisateur du film dans le film, "The Case", s'accordant le rôle secondaire).

    Abrams a d'ailleurs tellement peur que ça se voit trop que dès que l'émotion risque de s'installer avec lourdeur, il interrompt par un gag, une surprise, une péripétie.
    Un exemple: quand Joe et Alice regarde le film souvenir de Joe, une révélation qui dévoile tout l'enjeu des rapports enfants-parents est apportée, dans les larmes, avec une fin de conversation absolument horrible. Et puis intervient un évènement extraterrestre dépassant l'entendement, ce qui coupe -temporairement -la discussion, et les conséquences qu'elle aura. Le procédé est répété à sasiete, décliné sous toutes les formes.

    Jusqu'à inverser dans la scène finale les propositions du final de E.T.; et quelle image que celle du médaillon à ce moment du film. Je n'en dirai pas plus...

    Tout ça pour dire que ce film va beaucoup plus loin que ce qui se cache derrière le vernis des apparences dans lequel on nous le "vend".

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  7. Photographie des eigthies.

    Concernant la photographie, on voit J.J. Abrams répéter le système Tarentino version 80 '. Alors que Tarentino pourrit ses images pour qu'elles ressemblent aux pellicules des films de seconde zone, tellement diffusé qu'il y a des rayures partout( rendu d'une expérience cinématographique vécue par le jeune Quentin dans les salles), Abrams retrouve avec bonheur les éclairages à la fois lisses et profond (oxymore, je sais, mais qui montre combien l'éclairage de Spielberg était savant et toujours sémantique) de E.T., allant même jusqu'à reprendre ces lumières allongées qui sont à l'image ce que serait une réverbération au son (tu vois ce que je veux dire ?): on voit un lampadaire, sa lumière, et sur ses deux côtés, une lumière bleue fait une ligne.

    Soit Abrams a:
    1) utilisé de la pelloche usitée par Spielberg dans les années 80, en adaptant l'éclairage.
    2) travailler numériquement ses images afin de leur donner la qualité spécifique de l'époque, le ton "Deluxe" du moment (du nom de la pellicule utilisée pour E.T.)

    Il y a, il me semble, des deux.

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  8. Régal cinéphilique.

    Enfin quel bel hommage (officellement déclaré, lui) au super-8, à cette pellicule qui a fait les beaux jours du cinéma amateur, et avec laquelle l'ado Spielberg a fait ses premiers films, tout comme... J.J. Abrams.

    D'ailleurs, s'il faut prendre complètement à la rigolade le court-métrage final (rester pendant le générique est indispensable), on ne qu'être émerveillé, voire stupéfait, de la manière dont Abrams tisse une intrigue qui est un résumé des postulats de tout un pan du cinéma de zombies, de complots, d'horreurs et de S.F. qui soit.

    L'usine où le docteur frankensteinien a créé des zombies, dans un labo secret, s'appelle Romero Chemical. Cela renvoit bien sur directement à Georges Romero, célèbre cinéaste spécialiste du genre zombie, qui à travers la métaphores des morts-vivants a sévèrement analysé la société occidentale et ses travers.

    Romero dont Spielberg est un fils spirituel, tout comme la moitié des cinéastes de S.F. ou de fantastique américains (et d'ailleurs), tout comme Abrams qui est un fils spirituel de Spielberg et Romero à la fois.

    Cette emboitement cinéphilique n'est pas le moindre des plaisirs dans un film dont les chemins vont dans tous les sens pour se retrouver dans une cohérence personnelle ludique, et touchante. Super-8, ou "comment raconter comment je suis devenu cinéaste".

    Alors, ce n'est certes pas E.T. (insulté à l'époque de sa sortie par tous ceux qui n'aiment pas super-8, et pour les mêmes raisons; ils sont rares), mais Super-8 n'a vraiment pas à rougir de la comparaison.

    Bref, à voir, revoir, s'émouvoir, réflechir, se divertir.

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  9. Désolé, Mad, j'ai écrit cela rapidos car fatigué, en essayant un peu vainement de structurer avec des titres.
    Si une conclusion s'impose, c'est qu'on voit là le premier film totalement personnel de J.J. Abrams.

    J'aimerais tellement donner envie de le voir, sans décevoir... !

    J'espère des avis !

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  10. Eh bien je suis à 100% d'accord avec toi. Je ne voulais pas en dire trop, et j'aurais été bien incapable de le dire aussi bien de toute façon, mais c'est exactement ce que je pense de ce film :)

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