samedi 31 mars 2012

Redrum*

Ça y est, j'ai ENFIN vu "Shining" (inspiré du roman de Stephen King), de Stanley Kubrick, avec Jack Nicholson, Shelley Duvall, Danny Lloyd, Scatman Crothers, etc.

Jack Torrance, écrivain en mal d'inspiration, obtient un poste de gardien dans un grand hôtel du Colorado. Pendant la période d'hiver, il doit, avec sa femme Wendy, entretenir l'hôtel Overlook.
Leur fils, Danny, semble avoir des visions macabres sur cet endroit. En effet, il s'est passé des choses pas très nettes dans cet hôtel, comme des meurtres par exemple...
Jack Torrance, très agacé par sa femme un peu nunuche, sombre assez rapidement dans la folie...


Assez différent du livre et pourtant très proche, le film contient beaucoup de raccourci, et il est vrai qu'il vaut mieux avoir lu le livre pour tout comprendre, ou peut-être comprend-t-on le film différemment.
Les prises de vue sont originales, on ressent bien la patte Kubrick, un côté un peu psychédélique, mais qui, je pense, aurait pu être encore plus poussé, car dans le livre, les hallucinations sont bien plus fournies.
Ce que je regrette aussi un peu, c'est qu'on ne sent pas du tout la montée de la folie chez Jack, chose qui est très développée dans le livre, beaucoup même (mais c'est nécessaire).
Cependant, l'ambiance est là et bien là. Les plans suivant Danny sur son petit vélo à travers les couloirs de l'hôtel, scènes rappelées à la fin, dans le labyrinthe, sont superbes. Le jeune acteur joue d'ailleurs très bien.
Là où j'ai été agréablement surprise, c'est pour la fin, qui est, elle, bien supérieure à celle du roman.

 

* Redrum : Murder (meurtre)

6 commentaires:

  1. poisson d'avril, ce fil est vraiment vieux? c'est un des premiers films "d'horreur" que j'ai vu!!
    bisousssssss et bonne fin de we

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    1. Eh non même pas poisson d'avril, car c'est vrai, je ne l'avais pas encore vu avant ;)

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  2. Tu sais, Eric Rohmer écrivait que deux supports artistiques différents ne peuvent pas raconter la même chose. Je médite souvent cette leçon.
    L'adaptation au cinéma est donc quelque chose de très particulier, surtout lorsqu'on s'attaque à un roman. Il y a les puristes genre "Seigneurs des Anneaux", ou le cas assez extraordianire de claude Chabrol, et ceux qui vont plutôt tenter de rendre la quintescense (euh, orthographe ?) du livre. Et ceux pour qui le livre est un prétexte.

    Kubrick était un Génie. Si "Shining" est phénoménal, ce n'est pas par rapport au livre. C'est en tant qu'oeuvre majeur s'appropriant personnellement tout un genre, l'horreur, en convoquant un langage visuel qui puisse retranscrire les obsessions kubrickiennes, d'un point de vue esthétique comme d'un point de vue dit "de fond".

    Concernant la folie, le parti-pris est différent. Elle est bien plus brusque dans son arrivée dans le film (on ne comprends que lorsque la femme de Jack lit son "roman"). L'atmosphère fantastique brouille les pistes, puisque la question porte plus sur le fait de savoir si cet hotel est hanté, si Jack est tenté, si son fils qui a le "shining" va basculer du côté de son père ou non.

    Ce film a imposé des images qui sont depuis reprises. c'est là qu'on reconnait les inventeurs de forme. Par exemple, les plans de la voiture pris d'hélicoptère, vus et revus depuis.

    Les séquences de déambulations labyrinthiques sont devenues un mythe. Observe comment la caméra est au ras du sol, nous mettant au niveau de l'enfant, avec cette très étrange sensation de contre-plongée qui écrase le personnage dans le décor. On en oublie les faux-raccords...

    Quant à la fin, qui a laissé des générations formuler des hypothèses pour essayer de "comprendre", c'est peut-être parce que c'est un non-sens qu'il y a prodige. Bertrand Tavernier suggère que Kubrick a simplement voulu respecter la "règle" des films d'horreur, des films fantastiques, des films à mystères, dont la fin est ouverte sur un "recommencement", un questionnement (procédé qu'un épisode de X-Files sur deux a repris ;-) ). Kubrick n'avait sans doute pas la réponse lui-même. Seul l'effet escomptait, et ici l'idée esthétique plonge le scénario dans un abîme de questions qui finissent par "hanter" le spectateur lui-même. N'est-ce pas la meilleure réussite ?

    J'aimeraios parler loooooooonguement de ce film culte, développer, mais excuse-moi, je suis un peu stone.

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    1. J'ai plutôt trouvé la folie de Jack trop rapide,... car il a l'air barré dès le début :D Alors OK, quand on voit son "roman", ça prend une proportion qu'on n'avait pas imaginée, mais on se doutait déjà bien avant qu'il avait des mygales au plafond :D

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  3. Barré ou hanté (en contact avec un autre temps)? Et si hanté, sauvable ou non ?
    C'est clair qu'il n'est pas clair et ce très rapidement. C'est la confirmation que je trouve brutale, un vrai climax comme on en a peu fait. Disons que c'est à partir de là qu'il apparait comme dangereux, et il y a un vrai basculement qui permet le déferlement horrifique.
    Ca rejoint ce que je disais sur les supports. Un scénario n'étant pas un livre, il doit chercher une efficacité maximale pour condenser la force du récit.

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    1. A ce propos, j'ai lu pas mal de choses sur Coppola et son dernier film... Il apparaît que Coppola a lu beaucoup d'essais sur la littérature, sur la théorie littéraire et qu'il a essayé d'en retranscrire beaucoup dans "Twixt'.

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