samedi 7 janvier 2012

Freud au pays des architectes

Manhattan Freud, de Luc Bossi, aux éditions du Livre de Poche est un polar un peu particulier : il a pour héros 2 psychanalystes bien connus : Sigmund Freud et Carl Gustav Jung.
Tous deux, accompagnés d'un 3ème psychanalyste, se rendent aux États-Unis pour une conférence sur leur science de l'esprit. Avant de se rendre à Worcester où a lieu la conférence, Freud et Jung passent une semaine à New York, et plus précisément à Manhattan, où vient d'être assassiné l'un des plus grands architectes de la ville, August Korda.
Seule sa fille a été témoin du meurtre mais elle est victime d'une amnésie, phénomène qui lui arrive fréquemment depuis l'enfance ; on demande alors à Freud de tenter de la soigner. Freud accepte.
Il s'aperçoit que la jeune femme, Grace, a une double personnalité. Et pour comprendre ses rêves, il se rend, accompagné de son disciple, dans un gratte-ciel dont elle lui a parlé.
Là, ils découvre le cadavre d'un proche de Korda qui avait récemment disparu. Une gravure d'alchimiste accompagne le corps. L'inspecteur Kahn est chargé de l'enquête sur Korda, il a déjà arrêté un suspect et se méfie des méthodes des 2 psychanalystes...


Premier roman prometteur qui, tout en reprenant le concept du "couple" d'enquêteurs (Dupin et le narrateur, Sherlock Holmes et Dr Watson, Pendergast et D'Agosta, etc.), a su en faire quelque chose d'original et pas seulement parce qu'il ne s'agit pas de réels enquêteurs (des psychanalystes), mais aussi parce que leurs tempéraments diffèrent totalement de ceux qu'on a l'habitude de voir : Freud, le leader, le maître est assez réservé, doute et a un dialogue intérieur important, quant à Jung il est plus frivole, en tout cas homme d'action...
Bon, personnellement, je préfère Jung à Freud (les vrais), mais dans ce roman, c'est forcément Freud qu'on préfère, plus posé, plein de questionnements, plus attachant que le Jung volage et désinvolte du livre.
Pour un polar qui parle d'architecture, il est lui-même plutôt bien structuré, et je le verrai même très bien sur grand écran.


9 commentaires:

  1. Et bien voilà une critique qu'elle est bonne :)

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  2. J'ai toujours rêvé d'habiter un appartement dans ce genre d'immeuble, tout en haut évidemment!(il m'arrive d'avoir des goûts de luxe!!):)

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  3. Mab : Vas-y, fonce !

    Nigloo : Avec piscine et tout et tout ;)

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  4. moi j'en ai assez des appart avec les voisins ...
    j'ai deja vu des reportages sur Freud au USA ...
    faudrait que je commande le livre ... je l'aurait surement après le fin du monde loll
    bisous

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  5. XD
    Mais non, mais non, ça ne sera pas si proche que ça la fin du monde, même si les commandes mettent du temps :D

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  6. C'est curieux cette vague de romans qui mettent en scène des personnages historiques dans des roles d'inspecteurs ou de je ne sais quoi... Poe l'écrivain devient un "personnage", Freud le fondateur de la psychanalyse devient lui aussi un "personnage". Je ne suis pas contre, à condition que ce soit bien fait, mais je me demande ce qui explique cette tendance.

    Sinon, ce roman me réjouit simplement parce que Freud est justement représenté en "héros". La psychanalyse est depuis longtemps l'objet d'attaques incessantes, et ça me rend "dingue" (vite, un psy !). Je pense au Livre Noir de la Psychanalyse. Je pense aussi à un des derniers opus de Michel Onfray, que j'aimais bien jusqu'à maintenant, mais qui depuis quelque temps, se spécialise dans la calomnie contre les grandes figures de l'Histoire (Freud, descendu en flèche, le résistant Guy Moquet, de nouveau stipendié, quelle honte).

    Le royaume de l'inconscient est le théâtre d'une guerre, où les défenseurs des T.C.C. combattent la psychanalyse, sans se demander si les deux ne sont pas compatibles.

    A par ça, moi je suis Freud que Jung. Marrant
    ;-).

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  7. Ces personnages historiques sont des "valeurs" sûres pour en faire des héros, ils sont déjà connus, ils ont déjà un passé établi, etc. Ils résonnent dans l'inconscient collectif ;) des lecteurs.

    SI je préfère Jung à Freud c'est d'une part parce que je crois en la synchronicité et en justement l'inconscient collectif, et d'autre part parce que je trouve restrictif la vision de Freud (ou des freudiens comme Marie Bonaparte) de tout voir sous le coup de la sexualité. Je pense qu'il faut un mélange des 2 styles de psychanalyse pour voir plus large ;)

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