lundi 25 avril 2011

Le Pôle emploi vu de l'intérieur

Comme je vous le disais , j'ai acheté Confessions d'une taupe à Pôle emploi, de Gaël Guiselin et Aude Rossigneux, chez Calmann Lévy, et je l'ai lu. Ça se lit d'ailleurs très vite.
C'est avec beaucoup d'humour que sont racontées moult anecdotes sur le Pôle emploi, vu de l'intérieur. C'est en effet un conseiller Pôle emploi, aidé d'une journaliste, qui raconte aussi bien les misères que subissent leurs "clients" (lire, les demandeurs d'emploi, dits aussi DE), que celles subies par les employés du Pôle emploi (non formation, agressions, pression sur le nombre de radiations, obligation de contrôler les papiers d'identité, etc.), et on en arrive à entrevoir d'où vient le problème : d'en "haut", comprendre la présidence et le gouvernement qui, pour faire bonne figure, veut du "chiffre" (= baisse du nombre de "chômeurs") et quand ça n'arrive pas, eh bien traficote les statistiques.
Bref, on comprend mieux d'où vient le malaise, et je regrette presque d'en avoir voulu à mon conseiller, quoi que ce n'est pas vraiment à lui que j'en voulais, mais plus au système, voici un extrait de ma seconde (?) lettre au Directeur régional du Pôle emploi :
"Ce n’est pas à mon référent actuel que j’en tiens rigueur (...). C’est sur la façon générale de procéder que j’aimerais attirer votre attention.
Le Pôle emploi est officiellement censé aider les chercheurs d’emploi à retrouver du travail, en leur fournissant une allocation de retour à l’emploi (car l’essence, l’assurance, les timbres, le papier, l’encre, etc. finissent par coûter cher, sans parler du reste), une aide ciblée, personnalisée et concrète et, si possible, une écoute.
Or, je n’ai jamais rien trouvé de tel. Lorsque j’évoque le mot « formation », afin de me reconvertir, je me trouve toujours face à une réponse négative, sans que je puisse argumenter.
"

On s'aperçoit avec ce livre que, surtout depuis la fusion ANPE/ASSEDIC, c'est du grand n'importe quoi (c'est d'ailleurs le titre du chapitre 5).
L'auteur, Bac+6, ayant effectué plein de petits boulots et étant entré à l'ANPE juste avant la cessation de ses droits, qui a bossé déjà 7 ans dans l'agence dit d'ailleurs "Auparavant j'aidais. Désormais je contrôle" (p.97).
Ça veut tout dire. Avant, on pouvait trouver dans cette agence de l'aide et de l'écoute, et aujourd'hui, ce n'est plus qu'une "machine à radier" (titre du chapitre 3) pour contenter les gouvernants qui pourront ainsi présenter des chiffres du chômage à la baisse (mais en excluant consciencieusement les personnes en emploi précaire, qui ont travaillé quelques heures seulement dans le mois, les DOM, ainsi que les personnes en stage ou formation, etc.) Tiens ça me rappelle la note sur notre incident de bûches...
Il est aussi rappelé ce qu'ont coûté le nouveau nom "Pôle emploi" et son logo (un million d'euros rien que pour ces trouvailles... alors imaginez aussi qu'il a fallu refaire tous les logos partout (en-têtes, "enseignes", etc.)). Et à côté de ça, les employés (fusionnés ANPE/ASSEDIC) n'ont même pas un bureau chacun... Le paraître au lieu du bien-être...


L'auteur est un conseiller soucieux de ses "clients" et est souvent dépité de voir comment tourne cette agence, comment sont traités les demandeurs d'emploi ainsi que les employés eux-mêmes. Le livre commence d'ailleurs par un état des lieux du malaise (titre du chapitre 1) qui règne au sein de l'agence dite pour l'emploi.

J'ai appris ainsi que j'étais une DE catégorie A (DE inscrit à Pôle emploi, tenus de faire des actes positifs de recherche d'emploi, qui n'ont pas du tout déclaré d'heure de travail durant le mois en cours) et que donc je fais partie des stat', et que donc, comme en plus ça fait plus d'un an maintenant, je suis en plein ligne de mire de radiation, euh, pardon, de désinscription :p D'où je pense, l'ORE (Offre raisonnable d'emploi) reçu l'autre fois qui n'avait rien à voir avec mes compétences, puisque "après un an sans emploi, une offre sera considérée comme raisonnable si l'emploi proposé est rémunéré à un salaire supérieur à l'allocation-chômage (j'en n'ai plus) avec les mêmes dispositions sur la distance entre le lieu de travail et le domicile et le temps de transport" (que la catégorie ORE d'avant qui est "au-delà de six  mois de recherche, le demandeur d'emploi s'engage à ne pas refuser un emploi répondant à ses qualifications, rémunéré à 80% du salaire antérieur et situé à 30 km de son domicile ou à une heure de transport en commun" (p.62)). Donc voilà pourquoi la qualification exigée ne correspondait en rien à la mienne ! Plus besoin ! Et ainsi, si je refuse (ce que j'ai fait une fois) 2 offres d'emplois, on peut me radier désinscrire.

Bon, en fait, ça m'a un peu calmée, mais a remonté ma colère quelques crans au dessus, et elle vient s'ajouter à celle que j'avais déjà lors du refus de dépôt de plainte ; c'est à dire ma colère contre toujours les mêmes, haut perchés, loin des yeux loin du peuple.


10 commentaires:

  1. Eh bé... ça m'angoisse pas pour la suite ça déjà... O_o

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  2. Du moment que tu ne veux pas aller travailler chez eux, tout va bien :D :D :D

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  3. Je ressens bien ton texte. Syndicalement, lors de réunions locales, il m'arrive de côtoyer des copains de maintenant Pôle-emploi, ce qu'ils racontent fait froid dans le dos...

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  4. Tout cela est vrai, ma femme travaille au Pôle Emploi et en voit des vertes et des pas mures...
    Elle aimerait tant faire son boulot correctement, elle essaie comme elle peut, parfois ça marche... Mais il faut être motivé, et que de fatigues morales. Je vous assure.

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  5. Le Chant & Erick : Oui je crois que c'est comme dans toute entreprise : le chiffre, le chiffre, le chiffre. Et le côté humain dans tout ça ? Eh bien il s'efface malheureusement :(

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  6. Il est clair que dans ce monde devenu fou, l'Humanité disparait derrière la statistique (truquée) et la rentabilité.

    Ma chère et tendre vient de m'informer que l'AFPA, créée dans le sillage du Conseil National de la Résistance va être "privatisée" et ne sera plus un service public. Une pétition circule, je te ferai suivre les nouvelles contre cette nouvelle attaque sur les acquis de nos parents et arrière-grands-parents.
    Si la formation est aux mains du privé, peut-on imginer une seule seconde que celui-ci ne va pas l'orienter selon ses desiderata ? Un exemple comme un autre: un métier comme le mien, non "productif", sera jerké, età mon avis ça ne concernera pas que le monde de l'art...

    Un monde de la finance qui a perdu la raison, vous dis-je...

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  7. P.S.qui n'a rien à voir, et qui est plus gai: merci pour le compte-rendu de la soirée Poe et pour les commentaires ! (Réponses... dans les commentaires du compte-rendu... :-) )

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  8. Quand le "chef" est mauvais, on a souvent pour habitude de faire porter le chapeau aux "petites mains" !....

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  9. parce que tu croyais qu'ils allaient te chouchouter ??

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  10. Erick : Eh oui, tout cela est désolant...
    Nigloo : C'est clair !!!
    Maé : Non, mais j'aimerais qu'il ne me prennent pas pour une idiote... Tiens, j'ai reçu enfin une réponse du directeur régional à ma 1ère lettre. Il soutient à fond son truc, mais a oublié d'aborder le point formation de ma demande... Bizarre...

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