Manhattan Freud, de Luc Bossi, aux éditions du Livre de Poche est un polar un peu particulier : il a pour héros 2 psychanalystes bien connus : Sigmund Freud et Carl Gustav Jung.
Tous deux, accompagnés d'un 3ème psychanalyste, se rendent aux États-Unis pour une conférence sur leur science de l'esprit. Avant de se rendre à Worcester où a lieu la conférence, Freud et Jung passent une semaine à New York, et plus précisément à Manhattan, où vient d'être assassiné l'un des plus grands architectes de la ville, August Korda.
Seule sa fille a été témoin du meurtre mais elle est victime d'une amnésie, phénomène qui lui arrive fréquemment depuis l'enfance ; on demande alors à Freud de tenter de la soigner. Freud accepte.
Il s'aperçoit que la jeune femme, Grace, a une double personnalité. Et pour comprendre ses rêves, il se rend, accompagné de son disciple, dans un gratte-ciel dont elle lui a parlé.
Là, ils découvre le cadavre d'un proche de Korda qui avait récemment disparu. Une gravure d'alchimiste accompagne le corps. L'inspecteur Kahn est chargé de l'enquête sur Korda, il a déjà arrêté un suspect et se méfie des méthodes des 2 psychanalystes...
Premier roman prometteur qui, tout en reprenant le concept du "couple" d'enquêteurs (Dupin et le narrateur, Sherlock Holmes et Dr Watson, Pendergast et D'Agosta, etc.), a su en faire quelque chose d'original et pas seulement parce qu'il ne s'agit pas de réels enquêteurs (des psychanalystes), mais aussi parce que leurs tempéraments diffèrent totalement de ceux qu'on a l'habitude de voir : Freud, le leader, le maître est assez réservé, doute et a un dialogue intérieur important, quant à Jung il est plus frivole, en tout cas homme d'action...
Bon, personnellement, je préfère Jung à Freud (les vrais), mais dans ce roman, c'est forcément Freud qu'on préfère, plus posé, plein de questionnements, plus attachant que le Jung volage et désinvolte du livre.
Pour un polar qui parle d'architecture, il est lui-même plutôt bien structuré, et je le verrai même très bien sur grand écran.