jeudi 11 juin 2026

À la chaîne

 À la chaîne, d'Eli Cranor, aux éditions Sonatine :




Ce roman, c'est un peu comme un Breaking Bad, mais sans la meth...

Roman noir, satire sociale de ces 2 Amériques qui s'opposent : la riche hypocrite et la pauvre désespérée.

Des conditions de travail odieuses, l'inégalité, l'injustice... Et les mauvais choix qui en découlent.

Edwin, jeune homme issu de l'immigration, travaille dans une usine de fabrication de nuggets, ainsi que sa petite amie Gabriela. La tache est pénible pour un salaire de misère. Leur patron est aisé, sa femme, Mimi, est jeune maman et a peur constamment pour son bébé.

Edwin accumule les mauvaises décisions, et se met dans une situation extrêmement complexe, embarquant Gabriela dans ce tourbillon insensé.

Les personnages finissent par devenir tous ennemis les uns les autres, se rapprocher, s'éloigner à nouveau, dans une danse humaine et inhumaine à la fois.

C'est un roman social très fort, où la situation semble inextricable et où l'on se demande si les personnages vont s'en sortir, et dans quel état ; un roman à charge contre cette fracture sociale, cette disparité disproportionnée et injuste qu'on rencontre malheureusement partout, car oui, c'est certes un roman américain, mais leur système capitaliste et raciste a largement envahi la planète.

mercredi 10 juin 2026

Hawking (presque) facile

 Hawking (presque) facile, de Rüdiger Vaas, illustré par Gunther Schulz, aux éditions Delachaux et Niestlé :




Sous-titré « Tout ce qu'il faut savoir sur ses travaux », ce livre revient en effet sur certaines des plus importantes recherches de Stephen Hawking (avec, dans les rabats de couverture, une chronologie biographique).

On parle ici de l'Univers, du Big Bang, des trous noirs, et de suppositions autour de tout ça, de potentiel·les voyages dans le temps et vies extraterrestres.

Bien sûr, on n'entre pas dans le dur : pas d'équations compliquées, mais de la vulgarisation sur les travaux de l'astrophysicien, sur ses idées, hypothèses, sur ses erreurs aussi parfois. C'est un très bon résumé, simplifié, de tout ce qu'il a apporté à la science, à la connaissance de cet immense environnement qu'est l'Univers (et même au-delà) (et même en deçà).

Les illustrations sont assez drôles, on pourrait presque croire que c'est destiné à un public enfant.

mardi 9 juin 2026

Ici

 Ici, de Johana Gustawsson et Thomas Enger, aux éditions Calmann Lévy noir :



Ce roman est le 1er d'une série à paraître en France où nous suivons les enquêtes de Kari Voss, spécialiste de la mémoire et du langage corporel. Elle utilise ses talents pour déterminer si quelqu'un ment.

Ici, c'est en fait la petite ville de Son, en Norvège, où se déroule l'intrigue.

Kari Voss, dont le fils Vetle a disparu 7 ans plus tôt, est sollicitée par la police lorsque 2 jeunes filles, qui étaient les meilleures amies de Vetle, sont assassinées. Elle doit déterminer si le suspect arrêté, Jesper, lui aussi ami d'enfance de Vetle, dit ou non la vérité lorsqu'il nie avoir tué les filles.

Grâce à son expertise et aux témoins qu'elle interroge, Kari Voss explore des pistes très vite abandonnées par la police, afin de découvrir la vérité sur toute cette sombre affaire.

Ce thriller est un vrai page turner, il est ultra addictif ; on va de piste en piste, d'indice en impasse, et les compétences du personnage principal, qui lui confèrent presque une aura holmésienne mais en plus sympathique, font avancer l'enquête et même plus.

Le cliffhanger final donne vraiment envie de lire la suite.

J'ai adoré ma lecture !

lundi 8 juin 2026

Le Hameau

 Le Hameau, de Niko Tackian, aux éditions Calmann Levy noir :



Trois points de vue pour ce polar aux allures mystiques mais qui se révèle surtout roman social, trois personnages qui semblent converger vers un même endroit, au bord du Danube : le Hameau.

Allures mystiques parce que ce Hameau qui se dévoile à nous et à ces personnages est un endroit bizarre, avec des gens bizarres dont les mœurs pourraient faire penser à une secte... le tout agrémenté d'une pièce à message codé et de gravures énigmatiques.

Social parce qu'il pointe du doigt ce qu'il se passe réellement dans le monde, à plus grande échelle depuis des siècles : les riches festoient alors même que les pauvres meurent pour eux.

Paul, Lena et Dmitri, comme trois points d'un triangle en quête de différentes choses, sont menés vers son centre de gravité : le fameux Hameau. Paul cherche des réponses sur son père, Lena veut comprendre les circonstance de la mort de Hope, sa jeune sœur, et Dmitri cherche la liberté et la paix.

L'intrigue les embarque, et nous avec, dans des aventures captivantes !


Ce roman est un véritable page turner : je l'ai dévoré ; les aventures de nos trois protagonistes sont palpitantes et ce mélange d'étrangeté et de réalisme sombre était un délice !


P. S. : il m'a semblé voir soit un clin d'œil, soit un lien au roman Triangle noir... Et vous ?

dimanche 7 juin 2026

3 meurtres en chambre close

3 meurtres en chambre close, d'Edgar Poe, Arthur Conan Doyle, John Dickson Carr et Nicholas Olde, présentés par Christiane Cadet, aux éditions Nathan, collection Carrés classiques :



La couverture n'est pas dingue, on dirait presque que ça date des années 80 (et pourtant c'est une édition de 2008), mais c'est l'intérieur qui compte.

Le titre est un peu trompeur car il y a en fait 4 nouvelles de meurtres en chambre close, ou en tout cas en pièce close. Celle d'Edgar Poe « Double assassinat dans la Rue Morgue », celle d'Arthur Conan Doyle « La Bande tachetée », celle de John Dickson Carr, « L'Arme invisible », toutes 3 donnant lieu à des quiz et explication de texte, et la 4e qui s'intitule aussi « L'Arme invisible », mais de Nicholas Olde, pseudonyme d'Amian Lister Champneys. Ce recueil est destiné aux élèves de 5e, avec des notes en marge pour expliquer les mots ou expressions qui pourraient leur être inconnu·es. Les 3 premiers textes sont précédés de mini biographie des auteurs et suivis de questions de compréhension et de dossiers pédagogiques., ainsi que des pistes littéraires et cinématographiques pour en découvrir plus.

Ça fait toujours du bien de se replonger dans les classiques du genre !

samedi 6 juin 2026

M comme Meurtre

M comme Meurtre, d'Anthony Horowitz, aux éditions Sonatine :




Je ne sais pas s'il y a en ce moment une tendance dans la littérature, ou bien si c'est juste une coïncidence, mais j'ai lu récemment au moins 3 livres, à peu d'intervalle, où la réalité s'immisce dans la fiction. Par exemple, dans Le Crime du paradis, Guillaume Musso apparaît à la fin, en tant que personnage, mais dans une scène fictionnelle. Dans Celles qui ne dorment pas, il est question de Dolores Redondo en tant qu'autrice de la trilogie de la Vallée de Baztan (donc en tant que personnage de ce monde-là finalement). Dans ce polar-ci, l'auteur est aussi le narrateur et un des personnages principaux ; il mêle beaucoup d'éléments réels de sa vie personnelle et professionnelle à l'intrigue fictionnelle. Il intègre aussi des tips et autres anecdotes sur le métier d'écrivain/scénariste, ce qui en fait carrément un texte de métafiction.


Daniel Hawthorne, un ex-flic, consultant, avec qui il a déjà travaillé pour une série télé, lui demande d'écrire un livre sur lui, un livre où on le suivrait sur une enquête en court. En effet, Scotland Yard lui demande aussi son aide sur certaines affaires, dont celle-ci : une femme vient d'être assassinée le jour où elle avait préparé et planifié ses funérailles aux pompes funèbres. Anthony Horowitz finit par accepter et le suit donc sur cette affaire, quitte à parfois enquêter par lui-même.


C'était perturbant au début, mais pas désagréable du tout. On trouve aussi beaucoup d'humour dans ce roman !

On retrouve un peu les codes du roman policier classique (Holmes et son biographe Watson, intrigue à la Agatha Christie,... (d'ailleurs l'auteur a écrit des scénarios de la série Hercule Poirot et des romans de continuation sur Sherlock Holmes)).

C'était rafraîchissant, et si vous aimez les classiques du genre, je pense que vous allez vraiment vous y retrouver !

vendredi 5 juin 2026

Vous êtes comme ma fille

Vous êtes comme ma fille, de Cécile Bourgeat, aux éditions Robert Laffont, collection Pavillons :





Avoir commis un homicide involontaire, à à peine 25 ans, dans un pays étranger. Voilà à quoi est confrontée Alice, et qui va radicalement changer sa personnalité. Elle ne s'attendait pas à ce que cette petite fille traverse la route, pas d'ambulance, un hôpital vétuste. Un décès. Elle s'attend pourtant à des représailles, la haine des parents, une plainte, un procès, mais là, contre toute attente, c'est tout le contraire. Le père, pleurant sa propre fille, est bien conscient que c'était un accident et qu'il aurait dû mieux la surveiller. Ses paroles envers Alice sont bienveillantes. De retour en France, elle mène une vie sûrement bien différente de ce qu'elle aurait dû être, et elle traine sa culpabilité tout au long de sa vie.

Ce roman est l'histoire d'un drame : l'accident bien sûr, mais aussi les conséquences sur le vie entière de l'autrice de ce drame, sur la culpabilité aussi, cette pierre qui pèse dans son corps aussi bien que dans son esprit, mais surtout sur la double culpabilité : celle ne n'être même pas inquiétée, inculpée, punie, et ce grâce à son statut de Blanche étrangère et grâce aussi à la croyance en un Dieu qui contrôle de le Destin.

Une belle plume pour une histoire sensible et grave. Attention, si vous êtes un peu déprimé·e en ce moment, décalez votre lecture, car même si le thème du livre tourne autour de la quête de rédemption, il est souvent assez triste, du moins dans la 1ère moitié.

jeudi 4 juin 2026

Nouvelles d'Edgar Allan Poe adaptées en pièces de théâtre

 Nouvelles d'Edgar Allan Poe adaptées en pièces de théâtre, adaptées par Cynthia Labeÿe, en autoédition :




J'ai acheté ce livre il y a quelques années, principalement pour ma collection Edgar Poe, et j'ai voulu le lire récemment ; il s'agit de la réécriture et adaptation de 4 nouvelles de Poe en pièces de théâtre, comme l'indique le titre : L'Homme sans souffle, L'Ange du Bizarre, Le Portrait ovale et Le Masque de la Mort Rouge.

C'était plutôt bien fait mais je me suis arrêtée quelque part au milieu de la deuxième pièce. En effet, j'étais constamment sortie de ma lecture par le nombre de coquilles, fautes d'orthographe, syntaxe, conjugaison et grammaire. J'ai essayé de passer outre au début, mais ça devenait vraiment pénible.

Comme c'est de l'autoédition sur KDP, j'espère que ça a été facilement corrigé depuis. Mais ma version, malheureusement, n'était pas aboutie au niveau de la correction.

C'est dommage, car le projet était intéressant et plutôt bien réalisé dans le sens où on retrouvait les intrigues de Poe, en ayant bien les caractéristiques du théâtre.

mercredi 3 juin 2026

La Voisine sans histoire

La Voisine sans histoire, de Liz Nugent, aux éditions Michel Lafon :






Surtout ne vous fiez pas à la couverture avant de commencer ce roman. On pourrait croire à un remake de La Femme de ménage et consorts, mais ce n'est absolument pas ça. Même le titre est trompeur car tout le monde pense bien, dans le village de Carricksheedy, que Sally Diamond est un peu bizarre, parce que sourde et socialement très inadaptée. Elle a 42 ans quand son vieux père meurt et elle décide tout simplement de l'incinérer dans la grange comme elle l'a vu faire avec les autres déchets organiques. Ça finit par se savoir et là toute l'attention est vraiment focalisée sur elle, qui n'aime pourtant pas le monde extérieur.

S'en suit une transformation impensable de Sally, prise enfin en main par des gens qui veulent l'aider. Mais il y a aussi les autres : celleux qui ont peur d'elle, et puis... ce colis qu'elle reçoit de Nouvelle Zélande et qui fait resurgir son passé oublié...

Je me suis sentie très proche de Sally car on a un peu la même façon de voir le monde (mon cas est beaucoup moins grave et je n'ai heureusement pas subit la même chose qu'elle).

Malgré des passages qui pourraient ressembler à du feel good, ce thriller psychiatrique est surtout très sombre et anxiogène, parfois dérangeant, mais surtout très efficace : il est addictif car on veut tout savoir du passé de Sally et de qui est l'expéditeur du colis néo-zélandais.

mardi 2 juin 2026

La Saison des pluies

La Saison des pluies, de Paul Colize, aux éditions Hervé Chopin :




Voici un roman noir qui nous plonge dans certaines heures sombres du colonialisme belge au Congo.

Claire est bénévole dans un hôpital, au service des soins palliatifs. Un patient grincheux vient d'arriver, et c'est elle qui parvient à le faire réagir ; tant et si bien qu'il commence à se confier à elle et à lui raconter sa vie. Au début, elle est touchée et à envie de connaître la suite, mais quand il lui révèle toutes les choses qu'il a pu faire, notamment dans sa carrière de soldat au Congo, elle devient réticente.

En parallèle, des hommes liés au pouvoir se réunissent en cachette pour parler d'un problème potentiel : un certain Igor, détenant des informations et des preuves qui pourraient impliquer le Gouvernement, risque de les faire fuiter sous peu...

Si l'intrigue est plutôt simple, le fond est très sombre et met en lumière les atrocités qui ont pu avoir lieu autour de l'indépendance du Congo, colonisé par la Belgique depuis la fin du XIXe siècle.

Je dis que l'intrigue est plutôt simple, mais c'est sans compter sur un rebondissement final, ni sur le dilemme auquel fait face Claire au bout du compte, et qui nous fait nous questionner nous-mêmes : comment aurait-on agi à sa place ?

lundi 1 juin 2026

Les Effacées (Lucia, 2)

Les Effacées, de Bernard Minier, aux éditions Pocket :




Tome 2 des enquêtes de Lucia Guerrero, nous retrouvons notre super flic sur une affaire de tueur en série qui s'en prend à des jeunes femmes pauvres au nord de l'Espagne.

À deux doigts d'arrêter le coupable (ou du moins un suspect), elle est rappelée à Madrid et mise sur une toute autre affaire : une femme très riche et très connue vient d'être sauvagement assassinée (coupée en deux).

Lucia enrage un peu de devoir abandonner son enquête en cours, elle y voit une certaine injustice envers ces pauvres femmes enlevées et tuées ; et pour couronner le tout, le petit nouveau qu'on lui a collé dans les pattes l'énerve au plus haut point et sa mère est dans le coma. Bref, le burn out guetterait quelqu'un de moins combattif qu'elle.

Mais elle enquête tout de même, toute professionnelle qu'elle est.


Ce thriller/roman policier est un page-turner ; Bernard Minier a l'art d'emporter ses lecteurices dans ses intrigues ; et on suit les deux affaires avec autant d'avidité. 

dimanche 31 mai 2026

Lucia

Lucia, de Bernard Minier, aux éditions Pocket :





J'ai adoré ma lecture. Je découvre Lucia Guerrero, et je l'aime déjà beaucoup (plus que Servaz, dont j'adore les enquêtes, mais qui n'est pas un personnage particulièrement aimable). Certes, Lucia est un peu tête brûlée et ne mâche pas ses mots, mais je crois que c'est pour ça que je l'aime bien !

L'affaire sur laquelle elle est la touche de près car son co-équipier vient d'être assassiné et sa mort mise en scène de façon macabre. Parallèlement, on suit un groupe d'étudiants et Salomón Borges, leur professeur de criminologie, qui ont mis au point DIMAS, un logiciel ultra performant qui recoupe différentes affaires de sa base de données pour trouver des points communs entre des meurtres qui peuvent être très éloignés aussi bien dans le temps que géographiquement. Le meurtre du flic fait écho à ces découvertes et Lucia décide d'enquêter de son côté, accompagnée par Borges.

En plus des multiples références littéraires et artistiques rencontrées dans le roman, l'auteur s'est en quelque sorte un peu amusé avec les noms et prénoms des personnages (noms d'auteurs et autrices célèbres, et souvent des prénoms de personnages présents dans leurs romans). Il s'est aussi amusé avec les codes du roman policiers et a, à mon avis, utilisé toutes sortes de leviers à nos biais cognitifs.

Bref, depuis j'ai lu Les Effacées (le tome 2), j'ai adoré, Ruptures (le tome 3) est sorti et j'ai très hâte de le lire !

samedi 30 mai 2026

Sécher tes larmes

Sécher tes larmes, de Meï Lepage, aux éditions du Seuil, label Verso :





L'autrice prévient dès le départ, elle a pris certaines libertés concernant le respect de la procédure pénale ; avec ça en tête, on peut mieux profiter de l'intrigue, car oui c'est de la fiction, et la fiction n'a pas à coller forcément à la réalité.

Je vous avoue que je n'ai pas trouvé nécessaire (une fois de plus) l'utilisation de la 1ère personne du singulier au présent, et que même, ici, c'est un peu trompeur. Mais bon, apparemment, il est plutôt dans la tendance d'utiliser ce type de narration en ce moment.

Une fois cela dit, entrons dans le vif du sujet.

Emma Fauvel de la P. J. de Créteil est appelée dans sa ville natale, en renfort, suite au 2nd enlèvement de la fille du commandant de police. 2nd enlèvement car elle avait déjà été kidnappée 7 ans plus tôt, et retrouvée un peu par chance, mais dans un sale état.

Fauvel est très hautaine concernant ses nouveaux collègues, néanmoins, on sent bien en elle une blessure lointaine liée au lieu qu'elle redécouvre après 15 ans d'absence.

Cette affaire, de plus, remue son propre passé car elle connaît bien la victime et surtout son père depuis l'enfance. Elle doit donc gérer l'incompétence (toute relative) des effectifs et ses propres démons intérieurs dans une affaire qui, même si elle ne la concerne pas directement, la touche assez pour la déstabiliser.

La fin est beaucoup plus dynamique et elle donne un nouveau regard sur toute l'intrigue ; et même si j'ai été gênée au début par le type de narration, je dois dire que c'est un très bon 1er roman, un polar efficace et je pense qu'il plaira, entre autres et par exemple, aux fans de Martin Servaz.

vendredi 29 mai 2026

Celles qui ne dorment pas

 Celles qui ne dorment pas - Nash, de Dolores Redondo, aux éditions Gallimard, collection La Série noire :



Voici le 2e tome de la nouvelle série des Vallées tranquilles, entamée avec En attendant le déluge. Mais pas de panique si vous n'avez pas lu ce premier tome, ils peuvent se lire séparément. Il y a, pour l'instant, juste un personnage en commun, à presque 40 ans d'intervalle. Mais, je pense que cette tétralogie se lira comme la trilogie de Caleb Traskman (de Franck Thilliez), comme une sorte de puzzle littéraire qui en fera un tout hyper intéressant.

Mais pour l'heure, voici de quoi il retourne dans cette histoire : Nash Elizondo fait partie d'un groupe de spéléologues, mais sont vrai métier est psychologue légiste. Elle et son équipe s'intéressent aux légendes de la régions, aux grottes où des sorcières auraient été jetées. En explorant une de ces grottes, iels découvrent un cadavre, un cadavre trop récent pour être celui d'une sorcière du temps de l'Inquisition ou de la Guerre civile. Il s'agit, apparemment, d'une jeune fille qui avait disparu 3 ans plus tôt.

Aidée par des gens du coin, dont Amaia Salazar (héroïne de la trilogie La Vallée du Baztan), Nash, à la demande de son ex amant et anthropologue de renom, Laurent Herzog, va mener sa petite enquête alentour ; en effet, une femme avait été condamnée pour le meurtre de la jeune fille, mais de nouvelles preuves font rouvrir le dossier.

À part cet attachement irraisonné de Nash pour son ex mentor, j'ai beaucoup aimé ce roman fait d'enquête de voisinage, de science, d'ossements et de légendes. Mais ce qui m'a le plus plu, c'est quand on comprend qu'il y a quelque chose d'infime pour l'instant qui relie cette histoire à En attendant le déluge. Et bien sûr le cliffhanger qui, j'espère, nous annonce le tome 3 !

La mise en abyme avec Amaia Salazar et l'autrice elle-même est aussi très savoureuse.

jeudi 28 mai 2026

La Mort malgré lui

 La Mort malgré lui, d'Armelle Hérisson, aux éditions Gallimard, collection Série noire :





Ce roman qui pourrait ressembler au départ à un roman policier assez classique, se révèle bien vite un peu plus que ça. C'est une histoire poignante, sur fond de Seconde Guerre mondiale.

1987 : La police de Laval est appelée dans une cité HLM car on vient d'y découvrir le corps d'une femme. Elle était venue pour interroger les habitants d'une tour dans un but, apparemment, de recensement. Mais nous, lecteurs et lectrices, on se doute un peu de qui est cette femme. Thomas, un jeune flic tout droit sorti de l'école de police compte bien être utile à l'équipe, car il connaît bien les lieux pour y avoir vécu une partie de son enfance chez sa nounou.

En parallèle, nous suivons un personnage issu du passé, Vilmos, un ado qui, avec ses ami·es d'un petit village hongrois, tentent de profiter des derniers instants de sérénité, car iels savent que bientôt l'armée allemande débarquera. Puis les Allemands arrivent effectivement et embarquent les jeunes hommes de force pour les faire combattre... On le suivra tout au long de cette guerre.

Pendant son enquête, alors que l'équipe explore toutes les pistes possibles, Thomas en suit une qui le mène dans le passé... un passé qui n'est toujours pas cicatrisé pour celles et ceux qui l'ont subi.

La plume est très belle, l'intrigue tragique mais reflète une réalité malheureusement historique.

Une fois arrivé·e à la fin, on comprend le titre d'une autre manière, et qui lui donne tout sons sens.

mercredi 27 mai 2026

La Mélodie des fous

 La Mélodie des fous, de Yoann Faure, aux éditions du Gros Caillou :



Il y a quelque chose de théâtral dans ce roman, et pas uniquement parce qu'il est un peu question de théâtre dedans, notamment les scènes où l'écrivain William Burton et l'infirmière à domicile Émilie Martin se racontent leurs rencontres les plus importantes de leur vie, en guise d'entretien d'embauche.

On découvre ainsi des pans entiers de la vie de ces deux personnages ; il leur est d'ailleurs arrivé des choses peu communes.

Nous avons aussi à l'œil cet étrange policier, ex plombier, à qui on refile les cas étranges, dont celui de cet auteur (un autre) découvert mort en pleine nature après avoir disparu durant quelques années.

Et puis, il y a aussi le journal de cette femme, Juliette, enfermée dans un hôpital psychiatrique...

Petit à petit, on perçoit les liens entre toutes ces parties, dans un registre tragi-comique : un peu d'humour dans cette histoire assez sombre.

C'est hautement original ; pour tenter de démêler tout ça le mieux possible, j'ai dessiné une frise chronologique pour relier les événements (mais pour pouvez aussi très bien vous laisser guider et bercer par le texte sans chercher à tout élucider tout de suite).

mardi 26 mai 2026

À propos de Nora

 À propos de Nora, de Kristin Koval, aux éditions Sonatine :




Ce roman chamboule un peu, il traite de sacrés dilemmes auxquels on n'aimerait pas être soi-même confrontés.

Voici l'un d'eux : Nora, 13 ans, la fille d'Angie et David, vient de tuer son frère Nico, 15 ans de 3 balles dans le corps et la tête, avec l'arme de David, garde-forestier. Le couple pleure son fils, mais veut aussi éviter à tout prix la prison à Nora.

Martine, une ancienne amie de la famille, avocate, tente de les aider au mieux, mais elle demande très vite de l'aide à son fils Julian, avocat lui aussi et spécialisé dans ce genre d'affaire. Sauf qu'il y a un passif entre Angie et Julian.

Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas une histoire de triangle amoureux, c'est surtout une histoire sur la culpabilité, sur les concours de circonstances, les « et si ». C'est aussi une fresque familiale qui se passe sur plusieurs années, où l'on découvre des secrets profondément enfouis et qui peuvent briser, bien plus tard, des vies entières.

C'est un roman très fort, avec des personnages très bien travaillés, des psychologies délicates ; c'est presque un thriller, mais je le qualifierais plutôt de drame familial.

lundi 25 mai 2026

Les Miscellanées originales de Mr Schott

Les Miscellanées originales de Mr Schott, de Ben Schott, aux éditions Allia :


Voici la nouvelle version des Miscellanées de Mr Schott, sorties à l'origine en 2005 (en France), une version mise à jour et ajustée pour un public français, il y a d'ailleurs eu, à mon avis, un gros travail d'adaptation.

C'est une sorte d'encyclopédie du tout et du n'importe quoi, de l'utile et de l'inutile ; vous y trouverez par exemple, et en vrac, le code morse, le Braille et l'alphabet de la langue des signes, des listes en tous genres, les pictogrammes des étiquettes de vêtements concernant leur lavage, des anecdotes, des citations, des règles typographiques, des règles (tout court), des abréviations, des techniques, des conversions, du vocabulaire, des tailles de vêtements, etc. (etc., etc., etc.)

C'est une sorte de Google en papier.

On peut tout lire d'affilée, ou bien piocher par ci par là, sauter des passages, revenir en arrière. Bref, c'est un objet-livre farfelu et pour qui aime réunir les informations au même endroit, sans s'encombrer de dizaines d'encyclopédies.


dimanche 24 mai 2026

Le Cercle de Finsbury

 Le Cercle de Finsbury, de B. A. Paris, aux éditions du Livre de poche :


Je l'avais depuis un petit moment dans ma PàL, et depuis quelques temps il « pop » à la librairie (j'ai une hausse de la demande sur ce titre), je l'ai donc lu. C'est sans doute l'effet Femme de ménage qui l'a fait ressortir car c'est un thriller purement domestique.
Je partais peut-être avec trop d'attentes dessus, vu l'engouement, et dès le départ j'ai été un peu freinée dans mon élan par cette narration à la 1ère personne du singulier présent qui, pour moi, doit être utilisée dans des cas bien spécifiques ; ici ce n'était pas totalement justifié, à mon sens.
Ensuite, le personnage principal, Alice, m'a bien vite agacée, car c'est un peu l'archétype de l'héroïne dont le monde tourne autour des hommes, et qui ne fait que s'apitoyer sur elle-même.

Vous aurez compris, après une grande attente, le départ n'a pas été à la hauteur.
Pour autant, si on aime les thrillers domestiques, il entre totalement dans les cases, ce qui en fait un bon roman (pour la cible adéquate en tout cas) :
Alice et Léo viennent d'emménager dans une maison au sein du Cercle de Finsbury, une sorte de mini lotissement sécurisé en plein Londres. Tout le monde s'y connaît déjà et il est difficile pour Alice de se faire de nouveaux et nouvelles ami·es, surtout que Léo n'est pas trop pour. Et puis les voisins semblent assez réticents à son égard. Quand elle découvre pourquoi, elle est d'abord atterrée et veut partir, mais bien vite, elle se donne pour mission de découvrir la vérité sur ce qu'il s'est réellement passé dans cette maison quelques années plus tôt.

Paranoïa, secrets, omerta, culpabilité, suspicion, tous les ingrédients sont là, mais peut-être à l'excès, car finalement, elle suspecte quasiment tout le monde... et c'est un peu trop à mon goût.
Donc si vous avez l'habitude de lire ce genre, vous ne serez pas dépaysé·es, mais si vous cherchez un twist ou quelque chose de plus consistant, ce roman sera trop léger pour vous.
Je pense donc juste que je n'étais pas le lectorat-cible pour ce roman.

samedi 23 mai 2026

Court circuit

Court circuit, de Wolf Haas, aux éditions Flammarion :


Vous connaissez le film « D'un rêve à l'autre » où l'héroïne passe d'une vie à l'autre dès qu'elle rêve, sans savoir quelle est sa véritable vie ? Eh bien j'ai eu un peu le même effet en lisant ce roman.
Franz Escher, fan de puzzles et de livres sur la mafia, lit la biographie d'un mafieux, Elio Russo, en attendant l'électricien qui vient réparer une prise dans sa cuisine. Franz Escher est un peu particulier, il a des réactions qu'on attendrait pas de quelqu'un de « normal ». Bref, il se passe quelque chose qui bouleverse sa vie quand l'électricien arrive enfin.

À chaque fois qu'Escher plonge dans son livre, nous aussi nous nous retrouvons dedans... Et Elio Russo, lui aussi lit un livre... mais un livre qui parle d'un certain Franz Escher...

Donc en plus de suivre de près la vie de ces deux personnages, nous nous apercevons—un peu avant eux d'ailleurs—qu'ils sont reliés par les livres.

Nous nous trouvons dans un livre-puzzle, façon œuvre de M. C. Escher ou anneau de Moebius, aux intrigues enchevêtrées, mais pas dénué d'humour.

C'est une plongée littéraire assez particulière et paradoxale, si bien que je l'ai classé dans le rayon Fantastique à la librairie.

Si vous aimez les romans bizarres et insolites, celui-ci devrait vous plaire !

vendredi 22 mai 2026

Mens-moi à l'oreille

Mens-moi à l'oreille, d'Amy Tintera , aux éditions J'ai lu :


Ce roman a démarré très très fort en poche en librairie, c'est en quelque sorte un thriller domestique/cold case.

Il est paru en grand format chez City en 2025, sous le titre Écoute mes mensonges.

J'ai beaucoup apprécié le personnage principal, Lucy, qui est une femme avec beaucoup de caractère, qui ne se laisse pas faire et qui n'en a rien à faire de ce que les gens pensent d'elle. Sauf que ce n'est pas si simple quand, dans la tête des habitants de son village natal, elle est coupable du meurtre de sa meilleure amie Savvy. Elle est donc partie s'installer à Los Angeles pour être tranquille ; mais quand sa grand-mère adorée (et hilarante) l'invite à une grande fête d'anniversaire pour ses 80 ans, elle ne peut pas refuser.

Il se trouve qu'au même moment, un podcasteur de true crimes enquête sur le meurtre non élucidé dans ce même village... Il va délier les langues et remuer le passé. Mais va-t-il réussir à faire retrouver la mémoire à Lucy, qui a perdu tout souvenir de la nuit du meurtre ?

Son caractère donc m'a beaucoup plu, mais c'est aussi le fait qu'elle a très souvent une voix dans sa tête qui lui dit de faire des trucs horribles que j'ai aimé (je me suis sentie très proche d'elle par moments...)

Il y a beaucoup d'humour dans ce roman, pas au sens blagues potaches, mais dans la répartie et les pensées de Lucy, elle est cash, elle ne mâche pas ses mots, et aussi dans le comportement de sa grand-mère.

L'intrigue est entrecoupée de chapitres où l'on découvre, au fur et à mesure, les épisodes du podcast « Mens-moi à l'oreille », c'est très bien fait, on a vraiment l'impression « d'écouter » un podcast.

L'intrigue se suit facilement et on découvre la vérité petit à petit, avec les personnages ; mais je n'ai pas trouvé la résolution aussi dingue que ça. Pour moi ça reste assez « classique ».
Ce que j'ai plutôt apprécié dans ce texte, c'est qu'il montre bien que les gens qui subissent l'emprise de quelqu'un (qu'on appelle souvent pervers narcissique même si je sais que ce n'est pas le terme médical, au moins tout le monde comprend) ne sont pas forcément des personnes faibles ou influençables.
Donc c'est un bon thriller cold case de voisinage, mais ne vous attendez pas à un twist de fou non plus.

jeudi 21 mai 2026

L'Île hallucinée

L'Île hallucinée, de Julien Freu, aux éditions Actes sud, collection Actes noirs :

Nous sommes sur une île, peut-être une île bretonne reliée au continent à marée basse : l'île d'Hurlin. Nous sommes aussi, au début du roman, en 1996. Il y a alors quelque chose d'étrange sur cette île, qui semble se déplacer comme une vague et toucher les habitants... la peur, la superstition, la rumeur, les mauvais pressentiments, la paranoïa ?

C'est un ressenti étrange qui s'agite quand un enfant disparaît, et que 2 autres découvre un jeune corps sans vie...

L'enquête fait venir 2 flics du continents afin de retrouver l'enfant au plus vite, mais cette affaire va nous mener bien plus loin, quelques années plus tard et bien des années auparavant.

Il y a un vent de fantastique, de sorcellerie, de malédiction dans ce roman : du Magicien d'Oz, du Roi en jaune, du Roi des aulnes, du joueur de flûte de Hamelin. Voilà pour l'atmosphère. Mais il y a une histoire plus profonde encore que je vous laisse découvrir.


Le personnage de Dozert (l'un des flics du continent) est parfaitement hilarant (parfois horripilant, mais toujours épique. Avec le personnage de la Professeure Legendre (très cocasse elle aussi), iels contrebalancent la noirceur du roman et allègent le côté sinistre.

Un très bon équilibre, donc, entre gothique et pittoresque, entre tension et comic relief.


J'ai passé un très bon moment de lecture sur cette île hallucinante !


mercredi 20 mai 2026

Indignité

Indignité, de Lea Ypi, aux éditions Calmann Lévy :


Il y aurait tellement de choses à dire sur ce roman (qui n'en est pas tout à fait un), pardonnez-moi si je n'évoque pas tout.

Je dis que ce n'est pas tout à fait un roman car l'autrice est aussi la narratrice et nous raconte l'enquête qu'elle a menée auprès d'archives de différents pays, afin d'en apprendre plus sur sa grand-mère, qu'elle croyait déjà bien connaître : une photo postée Facebook et les commentaires qui s'y greffent la poussent à tenter de reconstituer la vie de cette femme. Et le côté romancé est bel et bien ici, car la vie racontée de cette femme, depuis son enfance jusqu'à la naissance de l'autrice, n'est que conjecture, reflet de souvenirs, déductions face aux archives qui parfois peuvent mentir.

L'indignité est un mot, un concept qu'on retrouve à plusieurs reprise tout au long du roman, mais c'est principalement celle de cette grand-mère, qui a été enfant, jeune fille, femme, aujourd'hui décédée et qu'on bafoue sous une photo postée sur Internet. L'autrice a voulu redonner sa dignité à sa grand-mère, ou du moins tenté de lui donner des armes pour se défendre, car les morts ne le peuvent pas.

J'ai vu un pan de la Seconde guerre mondiale (avant, pendant et après) que je connaissais moins, celui des pays très à l'est de l'Europe : l'Albanie, la Grèce, la Yougoslavie,... ces pays en mouvance permanente, où les gens finissent par ne plus savoir quelle est leur véritable nationalité, où il est difficile de se créer une identité, toujours en conflit quelque part, aux frontières changeantes, dépendant d'autres pays qui, en fin de compte, ne leur veulent pas que du bien.

Il y avait quelques passages kafkaïens, mais j'ai aussi eu l'impression d'être parfois dans un 1984 réel où la vérité est déformée, reformulée, effacée, modifiée (car finalement, George Orwell s'est inspiré de la réalité (et la réalité redevient celle de 1984)) ; c'est cyclique. C'est d'ailleurs un autre sujet de ce livre : l'aspect cyclique de l'Histoire.

On évoque ici souvent la Révolution française et la Terreur, et on
s'aperçoit que malgré le temps qui passe et les mœurs qui évoluent, on refait toujours les mêmes erreurs... (encore maintenant).
Enfin, c'est un livre sur la mémoire : << ce qui compte ce n'est pas ce que nous nous rappelons, mais comment nous nous le rappelons » (p. 445): l'histoire de quelqu'un n'est que la sommes de ce qu'on nous en raconte, des documents existants, et de l'interprétation qu'en font plus tard celleux qui s'y intéressent. La Vérité n'est que celle de l'instant présent, et même là encore, rien n'est aisé, surtout quand on vit dans un pays qui a tant muté, à une période si chaotique...
C'était une histoire donc très forte, poignante parce que très près de la réalité et effrayante aussi par son côté inexorable.


mardi 19 mai 2026

Le Serment

Le Serment, de Mélodie Miller, en auto-édition :


Nous voici dans un polar un peu particulier car l'enquête que mènent les protagonistes n'a pas pour but d'élucider un crime, mais d'éviter la mort de quelqu'un. C'est un thriller psychogénéalogique, une course contre la montre pour tenter de stopper une sorte de malédiction familiale.

À l'approche de ses 30 ans, la santé de Marjorie semble se déliter... Sachant que sa propre mère est décédée le jour de ses 30 ans, elle panique un peu ; sa sœur et son père aussi d'ailleurs.

Sur les conseils d'un collègue, elle consulte un psychogénéalogiste et c'est le départ d'une aventure sur les traces du passé de sa famille. Car son arrière grand-mère aussi est décédée à 30 ans. La coïncidence commence à être trop grande.

L'enquête emmène Marjorie, sa sœur Eloïse, leur père et le collègue jusqu'à Bruges là où, peut-être, tout à commencé en 1830.

Il y a un côté « Destination finale » très plaisant dans ce roman, qui est aussi bien un polar qu'un roman historique et d'aventure.

On découvre la belle ville de Bruges, et ça donne bien envie de la visiter, et on en apprend aussi plus sur son Histoire.

L'intrigue est très originale, puisque l'enquête survient avant un décès, alors que d'habitude, dans les polars, elle s'enclenche après.

En plus, la fin m'a totalement conquise !

lundi 18 mai 2026

La Montagne de la mort

La Montagne de la mort, une enquête de Nora Kelly, de Douglas Preston et Lincoln Child, aux éditons J'ai lu :


Après Les Sortilèges de la Cité perdue, Tombes oubliées, Le Dard du Scorpion et L'Antre du Diable, voici une nouvelle enquête de Nora Kelly, mais on devrait plutôt l'appeler nouvelle enquête de Corrie Swanson, car en effet, au départ et tout au long du roman, c'est bel et bien la jeune agente du FBI qui enquête, en demandant son aide à l'archéologue Nora Kelly.

Cette fois-ci, des corps anciens de Natifs sont découverts par hasard dans une grotte des Monts Manzano et la Pr Kelly est appelée pour les sortir et les identifier. Mais lors de la fouille on découvre des corps beaucoup plus récents. Il se pourrait que ce soient ceux de randonneurs disparus 15 ans plus tôt dans des circonstances encore méconnues.

Cette affaire m'a vraiment fait penser à ce qu'on pouvait croiser dans les épisodes de « The X-Files » car il y a un peu tous les ingrédients : sciences, mystère, cold case, complot, présence possible d'extra-terrestres, disparitions étranges, FBI, etc.

On rencontre aussi un nouveau personnage, l'Inspecteur Sharp, qui rappelle un peu l'Inspecteur Pendergast, qui apparaît parfois dans les aventures de Nora Kelly (mais pas cette fois), mais surtout qui a sa propre série. J'aime bien ce personnage et son côté mystérieux, j'espère qui reviendra dans de futures histoires.

L'agente Swanson est encore en période de formation, j'ai hâte qu'elle devienne une agente à part entière, même si elle n'hésite pas à déjà s'éloigner de ses attributions au sein du Bureau.

dimanche 17 mai 2026

The Little Book of Edgar Allan Poe

The Little Book of Edgar Allan Poe, de Stella Caldwell (et Edgar Poe) aux éditions Place des Victoires :


Bien sûr je ne pouvais pas passer à côté de cette nouveauté, pour ma collection Edgar Poe.

Y alternent des éléments biographiques (de la vie d'Edgar Poe) et des citations (principalement de lui, tirées de ses textes (poèmes, nouvelles, correspondance). Ces citations sont regroupées de manière thématique, à savoir : Entre rêve et folie, Entre amour et beauté, Entre vie et mort, Maître du macabre, Entre poésie et prose et Entre esprit et sagesse, sujets importants dans son œuvre.

Je n'ai pas bien compris le sous-titre : « La dark romance par le maître du macabre » ; peut-être juste une astuce marketing pour surfer sur la vague de dark romance ?

L'objet livre, bien que petit, est très beau : relié, illustré, et les passages biographiques éclairent bien sur la vie et le travail de Poe.



samedi 16 mai 2026

Le Crime du paradis

Le Crime du paradis, de Guillaume Musso, aux éditions Calmann-Lévy :


Si vous aimez les romans policiers classiques à la Agatha Christie, ce roman est fait pour vous ; c'est d'ailleurs un hommage totalement explicite à la reine du crime.



Antibes, 1928, un jeune enfant est enlevé à sa famille de riches Américains. Lors du kidnapping, leur villa accueillait beaucoup de personnalités, toutes suspectes aux yeux du commissaire Joseph Lèques (du nom de l'arrière grand-père de l'auteur). Commence donc une enquête aux multiples pistes afin de retrouver au plus vite l'enfant.


Comme je ne lis pas toujours les romans de l'auteur (car il n'a pas besoin de moi pour se vendre à la librairie), je jette parfois un œil à la 4e de couverture et c'est cette allusion à Agatha Christie qui m'a donné envie de m'y plonger. Cette 4e de couverture, en revanche, m'a un peu gâché le dénouement, car elle a fait que je m'attendais vraiment à la révélation finale. Il est donc préférable, à mon sens, de ne pas la lire.

J'ai retrouvé, au début de l'intrigue, des souvenirs de ma lecture du Murmure de l'Ogre, de Valentin Musso ; j'imagine qu'ils partagent les mêmes réminiscences de jeunesse azuréenne et beaucoup de références similaires.

C'est un roman policier tout à fait classique, entrecoupé de photos d'époque et de croquis, au décor antibois très agréable.

La réalité se mêle ici à la fiction, car l'auteur devient lui-même, à un moment donné, un personnage du roman.