vendredi 18 mars 2011

Un passage

Mai 1506, Michel-Ange débarque à Constantinople. Le Sultan Bajazet lui a demandé de créer les plans d'un nouveau pont qui reliera deux parties de la ville, au-dessus de la Corne d'Or.
Chez lui, en Italie, le pape Jules II tarde à lui payer son dû pour son travail. Michel-Ange, entre crainte et excitation, est pour quelque temps à Constantinople, qu'il découvre, qui le fascine et qui le tourmente.
Il découvre émerveillé toutes les splendeurs architecturales, artistiques, de la ville. Il rencontre aussi une danseuse/danseur--il ne sait pas très bien--à la beauté exceptionnelle.
La crainte lui vient surtout d'une lettre qu'il reçoit, une lettre menaçante ; entre son envie de retourner chez lui pour ses frères, son manque d'argent (car le sultan ne paye pas non plus), et la colère apparente du pape, Michel-Ange est tiraillé entre l'envie de rester pour la beauté qui l'entoure et l'envie de retourner chez lui.

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, de Mathias Enard, aux éditions Actes Sud, retrace le passage de Michel-Ange de Florence à Istanbul, celui du passage entre les deux parties de la ville, grâce au pont, c'est aussi le passage d'une civilisation chrétienne à une civilisation musulmane qui dessine en arrière plan, tout un contexte historique.
Ce roman est le récit plus ou moins fictif (car basé tout de même sur des faits réels, du moins ceux retrouvés dans des biographies et autres archives) de Michel-Ange à Constantinople.
Le climax est très proche de la fin, c'est là que l'action se passe vraiment, comme si tout le roman avant n'avait fait qu'amener à ce point culminant.

Très bien écrit ; on y apprend aussi pas mal de vocabulaire oriental (enfin moi en tout cas :D)



11 commentaires:

  1. je retiens, j'ai plus grand chose à lire !

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  2. Mab et Maé : Bon choix ;) :)

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  3. Istanbul...que de souvenirs !!;-)

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  4. Ah, tu y étais aussi en 1506 ?! :D :D: D

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  5. En voilà un sujet qui est intéressant au possible.

    Jai une vénération pour les peintres-sculpteurs-architectes-poètes-inventeurs de la Renaissance, et j'ignorais totalement que Mickey l'ange (oui, petit je faisias la confusion) était allé à constantinople... On en apprend tous les jours.

    Parce qu'on ne dit pas assez souvent que la fin du moyen-âge est autant daté tant par la "découverte" de l'Amérique par Cristophe Collomb que par la chute de Constantinople (1452 et 1453).

    De constantinople fuirent de nombreux intellectuels arabes qui avaient gardé dans leurs malettes l'enseignement de la Grèce antique et de Rome. Ce savoir lui-même venait d'Egypte, dirigée un temps par la dynastie des Lagides, descendants d'un général d'Alexandre le Grand, dont une des dernières descendantes fut Cléopatre, qui s'enticha de Cesar et Marc-Antoine.

    Bref, les intellectuels orientaux de Constantinople, en plus de leurs propres connaissances liées à lâge d'or musulman, ramenaient des souvenirs oubliés.

    De quoi stupéfier les artistes italiens qui redécouvrirent leur antiquité, et fondèrent l'humaniste Renaissance qui se répandit dans toute l'Europe.

    Est-il aussi question de cela dans le roman ?

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  6. Eh bien en fait dans le roman, la partie de la ville qui devra être reliée à Constantinople est une partie très cosmopolite où se côtoie justement peut-être certains de ces intellectuels dont tu parles, mais surtout des religions différentes.
    Le roman est tout de même assez axé sur Michel Ange, même si on perçoit, au-delà, l'Histoire ;)

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  7. Ca donne très très envie !

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  8. Je pense que tu peux te lancer dans sa lecture ;)

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